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Présentation :

L'abbé Pierre vient de mourir. Gus ne saurait dire pourquoi la nouvelle le remue de la sorte. Il ne l'avait pourtant jamais connu, cet homme-là, catholique de surcroît, alors que Gus est protestant. Mais sans savoir pourquoi, c'était un peu comme si l'abbé faisait partie de sa famille, et elle n'est pas bien grande, la famille de Gus. En fait, il n'en a plus vraiment, à part Abel et Mars. Mais qui aurait pu raisonnablement affirmer qu'un voisin et un chien représentaient une vraie famille ? Juste mieux que rien. C'est justement près de la ferme de son voisin Abel que Gus se poste en ce froid matin de janvier avec son calibre seize à canons superposés. Il a repéré du gibier. Mais au moment de tirer, un coup de feu. Abel sans doute a eu la même idée ? Non. Longtemps après, Gus se dira qu'il n'aurait jamais dû baisser les yeux. Il y avait cette grosse tache dans la neige. Gus va rester immobile, incapable de comprendre. La neige se colore en rouge, au fur et à mesure de sa chute. Que s'est-il passé chez Abel ? Écrire la nature, «nature writing» disent les Américains. Voilà ce qui définit tout d'abord ce roman de Franck Bouysse. Cette nature c'est celle des Cévennes, froide et minérale. Écrire la solitude de ces hommes, les derniers paysans des montagnes. Écrire aussi les relations profondes mais silencieuses qui unissent ces deux hommes qu'on croit avoir vus dans un film de Depardon, les blessures d'une vie que l'irruption de l'inconnu vient réouvrir. Franck Bouysse livre là un texte fort et qui s'inscrit dans la lignée de ces nouveaux auteurs du roman noir français. Donnant aux paysages et à la vie âpre des montagnes un rôle primordial, Franck Bouysse parvient aussi à insuffler une angoisse propre aux intrigues les plus sophistiquées, alliant la finesse des portraits psychologiques et la force des secrets de famille. Lorsque la violence vient frapper les vies lourdes de non-dits de ces deux personnages complexes et admirablement décrits, le lecteur est pris dans un rythme très maîtrisé. Evitant tous les travers et les clichés, Grossir le ciel est un grand roman noir à découvrir.


 

Mon avis :

 Très belle surprise que ce roman, un peu  polar, un peu roman noir, un peu terroir....

Les premières lignes m'ont bien déstabilisé. Je ne m'attendais pas du tout à cette ambiance paysanne, non pas que je n'aime cela,

car j'ai dans mon coeur les romans de Pierre Magnan. Donc, il faut un peu s'habituer à ce rythme là,  à ces deux 

voisins à leurs habitudes dans leur ferme respective.

Les bêtes, la montagne, le foin, la neige tout est décrit avec le bon choix de mots, juste ce qu'il faut pour atteindre cette 

ambiance si particulière.

Les secrets sont bien gardés dans les familles, les non-dits sont choses courantes dans le bourg. Le tension va monter

petit à petit, cette ambiance palpable qui va vous rendre inquiet sur le sort de nos deux retranchés.

Un bon roman noir..